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Communication sur le titre d’urbaniste

De la reconnaissance des urbanistes

L’objectif de l’OPQU est d’œuvrer pour la qualité du service rendu par les urbanistes auprès des maîtres d’ouvrage et autres donneurs d’ordre et, par voie de conséquence, pour l’identification et la reconnaissance de cette profession. Il rappelle ici les fondamentaux sur lesquels s’appuie son action.

1 – L’urbanisme est un vaste domaine

L’urbanisme est « l’ensemble des sciences, des techniques et des arts relatifs à l’organisation et à l’aménagement des espaces urbains, en vue d’assurer le bien-être de l’homme et d’améliorer les rapports sociaux en préservant l’environnement. » ; ainsi est-il défini par le CNRS (Centre national de ressources textuelles et lexicales du CNRS) .

Effectivement l’urbanisme est un domaine qui concerne de nombreux champs disciplinaires ou domaines d’action. En recherche, il traite de l’analyse des phénomènes et mutations qui affectent les espaces urbanisés – quelle que soit leurs échelles. De manière opérationnelle, il mobilise de nombreux domaines techniques issus de disciplines professionnelles variées. Les décisions, quant à elles, relèvent d’instances délibératives élues, mais aussi d’acteurs économiques comme les aménageurs, les investisseurs, les bailleurs… Enfin, n’oublions pas que la société civile a aussi son mot à dire et qu’elle interfère de plus en plus dans les décisions.

Il est donc clair que l’urbanisme est un domaine englobant de multiples facettes.

2 – Qui en sont les acteurs ?

S’agissant des prestations tout d’abord, les études sont conduites par diverses catégories de professionnels en fonction des sujets à traiter. Chacun apporte sa contribution en fonction de ses compétences et de ses spécialités. Elles sont souvent complémentaires entre corps de métiers.

Ensuite, les acteurs investis d’un pouvoir de décision et d’arbitrage (élus, investisseurs…) jouent un rôle de premier plan en orientant l’évolution de la cité. Ainsi, lorsqu’un maire s’engage fortement dans l’avenir de la cité, s’attache à canaliser les forces pour construire un projet urbain, prend les mesures et rend les arbitrages nécessaires, et qu’il proclame : « Je suis l’urbaniste de la commune », pouvons-nous lui dénier cette qualité ?

Sur un autre registre, des groupements d’habitants, des associations d’intérêt général, des groupes de pressions participent aussi à l’élaboration de l’urbanisme, en interagissant parfois fortement dans les processus urbains. Bien d’avantage qu’hier, ils sont souvent en mesure d’avancer leurs propres compétences pour agir.

Qui peut maîtriser la somme de tous ces savoirs et ces connaissances ? Personne. Les professionnels de l’urbanisme ont toujours plusieurs compétences urbaines, mais ils ne les ont pas toutes.

Cependant ces professionnels, grâce à leurs compétences pluridisciplinaires, vont pouvoir orchestrer l’entrecroisement des choix politiques, des logiques techniques, des désirs des usagers et des spécificités du territoire. C’est la raison pour laquelle l’urbanisme est une discipline ouverte ; elle doit le rester.

3 – Les spécialités mobilisées et la diversité des professionnels

Nous constatons que de multiples spécialités sont mobilisées chez les professionnels pour réaliser ou conduire les études urbaines.

D’une part, parce que les champs disciplinaires nécessaires pour couvrir tout l’éventail des besoins sont vastes, depuis les études et réflexions « amont » (l’observation, la prospective…) jusqu’aux prestations les plus en aval (réalisation des projets, gestion post-opérationnelle…). Nul professionnel ne peut prétendre maîtriser l’ensemble des spécialités requises.

D’autre part, parce nous rencontrons des pratiques et des postures variées : il en est ainsi selon le statut, selon les modes d’exercice, selon la position au sein de la chaîne de l’aménagement…

Cette diversité des professionnels et des pratiques doit être reconnue et valorisée. Elle est la condition sine qua non de la qualité urbaine et de la pertinence des actions.

Par voie de conséquence, nous allons rencontrer dans ce milieu professionnel des personnes aux origines universitaires très variables. Citons, parmi les spécialités les plus courantes, et par ordre alphabétique : architecte, écologue, économiste, géographe, géomètre, ingénieur, juriste, paysagiste, sociologue, urbaniste, etc. Souvent, ces professionnels s’arment d’une double formation pour élargir leur champ de compétence. D’autres encore, se sont formés sur le tas après une longue expérience au contact du terrain et n’en sont pas moins pour autant de mauvais professionnels. La qualification professionnelle est là pour les reconnaitre.

Nul ne peut prétendre incarner à lui seul la spécificité de l’urbanisme.

4 – Quels enjeux pour la reconnaissance du métier d’urbaniste ?

Se pose alors la question de la visibilité et de la reconnaissance de ce métier aux registres complexes.

Une réponse, en apparence simple, consisterait à dire que cela dépend des diplômes universitaires, voire d’un seul diplôme comme les masters en Aménagement et Urbanisme.

Mais comme nous l’avons vu plus haut, les besoins de compétences, tout comme la diversité des thématiques mobilisées, montrent que de nombreuses formations contribuent à la pratique de l’urbanisme.

Par ailleurs, l’on n’est pas un bon professionnel parce que l’on est détenteur d’un diplôme. L’aptitude professionnelle dépend, d’une part, de l’expérience professionnelle et, d’autre part, du degré de satisfaction et de l’appréciation qu’expriment les commanditaires, utilisateurs et bénéficiaires finaux des services rendus. Une légitimité fondée sur le seul diplôme ne répondrait pas aux attentes des commanditaires qui ont besoin d’une garantie donnée par l’expérience et par l’évaluation en retour des missions accomplies.

Par ailleurs, une reconnaissance à travers un seul type de diplôme serait très réductrice car elle ne correspondrait pas à la réalité des différents domaines d’activités de cette profession, ni aux besoins à pourvoir.

Elle conduirait assurément vers des postures catégorielles, corporatistes, voire tendrait à vouloir instaurer un marché réservé.

Indiquons par ailleurs que l’absence de prise en compte de l’expérience professionnelle serait à contre-courant des pratiques nationales et européennes. Des professions telles que les avocats, les géomètres, les architectes, au-delà du diplôme requièrent un minimum d’expérience pour être autorisés à exercer la responsabilité entière de leur métier.

Ainsi, l’enjeu aujourd’hui de la reconnaissance du métier d’urbaniste s’établit selon quatre logiques :

  • circonscrire les différentes spécificités et les contenus de ce métier en définissant les types de prestations – ce à quoi l’OPQU s’est attaché ;
  • permettre le repérage et l’identification de ces professionnels pour les donneurs d’ordre, commanditaires, et autres bénéficiaires selon ces critères ;
  • donner des garanties de professionnalisme, d’expérience, de probité et d’aptitude aux maîtres d’ouvrage, publics et privés, par la délivrance d’une qualification au vu de la pratique professionnelle.
  • adosser cette qualification à l’adhésion à une déontologie professionnelle, ce à quoi l’OPQU s’est attaché – et que nombre de professionnels du droit du travail ont salué.
5 – La reconnaissance fondée sur la qualification professionnelle.

L’expérience professionnelle doit être appréciée au regard de l’acquisition de savoir-faire – les compétences… – et de savoir-être – savoir se positionner, définir sa posture…

Les aptitudes professionnelles doivent aussi être appréciées au vu de la satisfaction du client, c’est-à-dire des commanditaires. Il s’agit ici d’un standard européen concernant la qualification de l’ingénierie qui intègre toujours ce paramètre.

L’attribution d’une qualification pour un professionnel ne peut être automatique. Elle doit être attribuée après évaluation par une commission d’experts indépendants, adossés à des règles déontologiques.

C’est pour cela que la qualification professionnelle délivrée par l’OPQU s’appuie sur la combinaison entre une formation universitaire à bac+5 et une pratique professionnelle.

Enfin, pour toutes ces raisons, une qualification ne peut être pérenne. Elle doit être renouvelable à échéance régulière.

Si titre il doit y avoir, c’est pour produire des garanties de professionnalisme aux donneurs d’ordre et bénéficiaires des prestations d’urbanistes. Il doit aussi produire de la lisibilité et de la visibilité de l’ensemble de ce milieu professionnel.

Aussi, pour la reconnaissance et l’identification des urbanistes, que l’on parle de titre, de certification, d’inscription dans un tableau, ces démarches doivent obéir aux principes suivants :

  • intégrer la diversité des professionnels, de leurs origines universitaires et de leurs pratiques qui œuvrent dans le champ de l’urbanisme ;
  • s’adosser à une qualification combinant diplômes et durée d’expérience professionnelle ;
  • être réévaluable périodiquement ;
  • souscrire aux critères européens de qualification professionnelle.

Telle est la position de l’OPQU, base de sa création, ainsi que de sa mission depuis 20 ans. Elle s’inscrit aussi au sein du protocole signé avec l’État et de la Charte signée avec l’Association des Maires de France. Cette position vise aussi à ancrer son action dans la réalité de l’urbanisme en France ainsi que dans celle de la grande diversité des professionnels qui l’animent.

texte approuvé par Le CA de l’OPQU le 23 mai 2019

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